illustration chiffre un

RADIOPROTECTION
DES PERSONNES ET DE L’ENVIRONNEMENT

Figurant parmi les missions que lui confie le code de l’environnement, les activités de surveillance menées par l’Institut, qui visent à évaluer l’exposition aux rayonnements ionisants des personnes et de l’environnement, donnent lieu chaque année à la production de bilans et à la mise en œuvre d’actions destinées à améliorer la protection des personnes et de la biodiversité. Ces travaux permettent par exemple de mieux connaître l’état de la radioactivité naturelle ou liée à l’activité humaine, notamment à proximité des installations nucléaires, ainsi que l’exposition des travailleurs aux rayonnements ionisants. Dans cette démarche, l’Institut s’attache aussi à se doter d’outils destinés à mieux évaluer ou maîtriser l’émission de rayonnements ionisants. En 2022, on notera la réflexion menée par l’IRSN sur sa stratégie de surveillance de l’environnement et la modernisation de l’exploitation des données liées à cette surveillance. Dans le domaine médical, plusieurs études et analyses ont été publiées, destinées à assurer une meilleure protection des patients, de tout âge, exposés à des rayonnements ionisants, pour des besoins diagnostiques ou thérapeutiques.


RADIOPROTECTION DES PERSONNES

UN NOUVEAU DOSIMÈTRE NEUTRON

Pour répondre toujours mieux à la qualité du suivi radiologique des travailleurs exposés aux rayonnements ionisants, l’IRSN a développé une nouvelle version de son dosimètre RPL-neutron mis en service en janvier 2022. Fruit de deux années de R&D et du retour d’expérience des utilisateurs, le nouveau dosimètre est à la fois plus robuste et plus léger. Il combine la technologie de la radiophotoluminescence (RPL) et celle de la détection neutronique, permettant le suivi des travailleurs exposés aussi bien aux rayonnements X, gamma et bêta que neutrons dans le cadre de leur activité professionnelle, principalement dans l’industrie ou la recherche. Sa coque, conçue et produite à 100 % par des entreprises françaises, est en plastique recyclable. Elle dispose d’un nouveau système d’accrochage plus ergonomique et robuste. En parallèle de ces innovations, l’IRSN poursuit ses travaux de R&D pour disposer d’un dosimètre offrant des caractéristiques métrologiques encore plus performantes pour la composante neutron.

UN GUIDE D’AIDE OPÉRATIONNELLE POUR LES PROFESSIONNELS DE LA RADIOTHÉRAPIE

L’IRSN a élaboré, à la demande de l’ASN, un guide d’aide à l’appropriation des modifications matérielles et techniques destiné aux équipes de radiothérapie. Dans un contexte d’évolution rapide des techniques de traitement utilisant des rayonnements ionisants, ce document est destiné à accompagner les professionnels de santé dans le cadre de ces changements, bien souvent synonymes de modifications de leurs pratiques professionnelles. L’objectif visé est de faciliter l’appropriation de la nouveauté par les professionnels de radiothérapie tout en garantissant le maintien de la sécurité des soins, sans engendrer une charge significative de travail supplémentaire.

L’élaboration de ce guide a mobilisé des compétences diverses au sein de l’Institut, tant dans le domaine de la physique médicale que dans celui des facteurs organisationnels et humains. Après une phase de recueil de données dans différents types de centres de radiothérapie, les experts de l’IRSN, accompagnés d’un groupe de travail opérationnel constitué de professionnels de santé exerçant en radiothérapie, ont élaboré un guide organisé selon les quatre grandes phases d’un projet de modification matérielle ou technique en radiothérapie : initier le projet, préparer le déploiement clinique, déployer, consolider l’appropriation de la nouveauté sur le long terme.

Ce guide se veut un outil opérationnel, simple d’utilisation. Il a été conçu dans l’objectif d’être utilisable par tous les types de centres de radiothérapie, indépendamment de leur statut ou de leur taille. Chaque partie du guide, dédiée à une phase du projet de modification, s’articule de façon similaire autour de recommandations (sur l’organisation, les moyens à attribuer, les actions à mener), accompagnées d’exemples de questionnements pour guider les équipes dans la mise en œuvre de leur projet. En outre, le guide propose des encarts mobilisant des concepts relevant des facteurs organisationnels et humains afin de donner du sens aux recommandations formulées.

Illustration rapport IRSN aide operationnelle pour les professionnels de la radiothérapieCe guide met ainsi à la disposition des professionnels des recommandations issues du terrain, complétées par des éléments permettant de comprendre leurs fondements et des questionnements visant à guider leurs réflexions.
Télécharger le guide

 

 

 

 

 

NIVEAUX DE RÉFÉRENCE DIAGNOSTIQUES EN MAMMOGRAPHIE ET TOMOSYNTHÈSE MAMMAIRE

Afin de contribuer à l’optimisation de l’exposition radiologique des patientes ayant recours, dans le cadre du dépistage du cancer du sein, à la mammographie ou à la mammographie par tomosynthèse (nouvelle technologie qui permet d’obtenir par reconstruction des images du sein en 3D à partir de multiples coupes), l’IRSN a travaillé, en réponse à une saisine de l’ASN, sur la mise à jour ou la création de niveaux de référence diagnostiques (NRD) pour ces examens. Les NRD visent à guider les praticiens d’imagerie médicale pour optimiser l’exposition induite par les examens radiologiques, en tenant compte de l’évolution technologique des appareils utilisés et des pratiques. Les NRD ne constituent ni des limites de doses ni des indicateurs de risque radiologique. Ces niveaux sont établis sur la base d’une analyse technique des données dosimétriques collectées par l’IRSN et sont réactualisés périodiquement, conformément au code de la santé publique.

À cette fin, l’Institut a réalisé une étude à partir de données issues de 5 300 examens réalisés sur 80 installations de mammographie « CR » avec numérisation indirecte et 77 installations de mammographie numérique « DR » avec numérisation directe et de 3 009 examens réalisés sur 44 installations de mammographie par tomosynthèse. Avant janvier 2021, les doses en mammographie numérique étaient évaluées à partir des mesures réalisées dans le cadre du contrôle qualité externe des appareils. Pour les installations « DR » délivrant des doses moindres pour une meilleure qualité de l’image, l’affichage de la dose sur le mammographe permet désormais d’aller vers un recueil clinique des doses aux patientes et de disposer de valeurs actualisées.

Parmi les recommandations émises, l’IRSN propose de prendre des dispositions pour éviter la mise en service de nouvelles installations de mammographie « CR », technologie plus ancienne délivrant davantage de doses, et incite au remplacement des installations en fonctionnement par des installations de mammographie « DR » plus récentes.

Pour ce qui concerne la tomosynthèse qui entraîne une exposition radiologique plus importante, l’IRSN propose la création d’un NRD.

COLLABORATION AVEC L’ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ (OMS)

L’IRSN a été reconduit en 2022 comme centre collaborateur de l’OMS pour la radioprotection, et ce pour une durée de quatre ans. Ce renouvellement, pour la quatrième fois consécutive, témoigne de la reconnaissance par l’OMS de la qualité de l’expertise scientifique et technique de l’IRSN. Pour les années à venir, quatre axes de travail ont été identifiés : la préparation et la réponse médicale et sanitaire aux urgences radiologiques et nucléaires ; la santé mentale et le soutien psycho-social en situation post-accidentelle ; l’utilisation sécurisée des rayonnements ionisants dans le domaine médical ; le risque sanitaire lié aux situations d’expositions existantes.

Dans le cadre de cette collaboration, l’IRSN a contribué en 2022 à l’élaboration, la revue critique ou la traduction de différents documents de recommandations de l’OMS, « WHO stockpile policy advice », « Handbook for health risk communication about food safety following radiation emergency » ou « Communicating radiation risks in paediatric imaging: information to support health care discussions about benefit and risk ».

L’IRSN EST RECONDUIT POUR LA 4E FOIS CONSÉCUTIVE COMME CENTRE COLLABORATEUR DE L’OMS

 

Brèves

RAYONNEMENTS IONISANTS

La refonte du Système d’information de la surveillance de l’exposition aux rayonnements ionisants (SlSERl) démarrée en septembre 2020, avec le concours de l’IRSN Lab – le laboratoire d’innovation de l’IRSN, se finalise avec les phases de test des nouvelles fonctionnalités et d’interopérabilité par les différentes communautés d’utilisateurs – employeurs, organismes accrédités et exploitants. Cette refonte répond aux attentes gouvernementales en matière de modernisation et de simplification des services publics. L’objectif principal est d’optimiser la consolidation des données et faciliter ainsi la traçabilité de l’exposition des travailleurs.

INTERCOMPARAISON

Le projet EIVIC d’intercomparaison en anthroporadiamétrie s’est terminé en juin 2022. Organisé dans le cadre du European Radiation Dosimetry Group (EURADOS[1]) par l’IRSN, il a débuté en octobre 2019 et a réuni 43 laboratoires issus de 21 pays européens. Il a consisté en six exercices d’identification et de quantification de radionucléides dans différents scénarios d’exposition interne. Ce projet a permis de faire un état des lieux et de tester les capacités techniques des laboratoires. L’ensemble des informations techniques de ces laboratoires a été regroupé au sein d’une base de données qui facilitera les échanges entre les équipes en cas d’accident de grande ampleur.

[1] EURADOS : Groupe européen de dosimétrie des rayonnements regroupant 80 institutions européennes et plus de 600 scientifiques.

MISSION D’ASSISTANCE MÉDICALE À LA SUITE D’UN ACCIDENT RADIOLOGIQUE

L’IRSN est intervenu en septembre 2022, à la demande de l’AIEA, pour piloter une mission d’assistance médicale et apporter toute son expertise dans la prise en charge d’un patient d’Amérique du Sud, souffrant de brûlures radiologiques sévères à la suite d’un acte de radiologie interventionnelle. Le patient a été admis à l’Hôpital d’instruction des armées Percy de Clamart (Hauts-de-Seine), par une équipe multidisciplinaire. Il a bénéficié d’une prise en charge chirurgicale combinée à un traitement par thérapie cellulaire. Cette mission souligne à nouveau la reconnaissance par l’AIEA de l’excellence française en matière d’assistance médicale.

DE NOUVELLES CONNAISSANCES POUR LA RADIOPROTECTION PÉDIATRIQUE

L’IRSN a publié en 2022 une étude spécifique des actes scanners effectués chez les enfants de moins de 16 ans en France entre 2012 et 2018. Complémentaire aux analyses périodiques de l’exposition médicale de la population que réalise l’Institut, comme l’étude ExPRI, elle a permis d’évaluer notamment l’évolution de la fréquence d’actes scanner chez cette population particulièrement radiosensible. Les résultats de cette étude montrent tout d’abord une fréquence annuelle des examens par scanner relativement constante (avec en moyenne 14 actes/an pour 1 000 enfants) sur la période étudiée, avec quelques variations en fonction de l’âge des patients. Ils montrent ensuite un transfert progressif de certains actes scanner vers l’IRM, ces deux techniques d’imagerie possédant un nombre important d’indications communes et les recommandations des professionnels allant dans ce sens. La fréquence annuelle d’actes IRM augmente en effet de 59 % sur la période étudiée.

Toujours en 2022, les nouveaux résultats épidémiologiques publiés dans le cadre de la cohorte « Enfant Scanner » (lancée en 2009 par l’IRSN pour étudier le risque de cancer radio-induit d’une exposition au scanner dans l’enfance) confirment le faible excès de risque de leucémies et de tumeurs cérébrales. Cette cohorte s’inscrit dans le projet européen EPI-CT dont les résultats montrent que le sur-risque de développer ce type de tumeur en fonction de la dose reçue par l’enfant au niveau de la tête demeure très faible au regard du bénéfice diagnostique des examens par scanner.
Voir les résultats de l’étude EPI-CT

Illustration scanner pédiatrique

EXPOSITION DES TRAVAILLEURS AUX RAYONNEMENTS IONISANTS

Chaque année, l’IRSN publie son bilan des expositions professionnelles aux sources artificielles ou naturelles de rayonnements ionisants en France. Pour l’année 2021, 392 180 travailleurs ont fait l’objet d’un suivi dosimétrique, soit un effectif en augmentation de 1,2 % par rapport à 2020. Le rapport de l’IRSN montre tout d’abord que la dose collective pour l’ensemble des travailleurs suivis s’établit en 2021 à 82,7 H.Sv (72,5 H.Sv en 2020). Cette progression de 14 % concerne tous les domaines d’activité. Elle a pour origine principale l’augmentation du volume des travaux de maintenance dans le domaine nucléaire, après une activité moindre en 2020 du fait de la crise sanitaire liée à la Covid-19. Pour les mêmes raisons, la dose individuelle moyenne s’est établie à 0,85 mSv, en hausse de 9 %. S’agissant toujours de la dose individuelle, 24 419 travailleurs ont reçu une dose annuelle supérieure à 1 mSv (limite annuelle réglementaire fixée pour la population générale) et, parmi eux, 2 712 travailleurs une dose annuelle supérieure à 5 mSv, dont un travailleur du domaine médical ayant reçu une dose supérieure à la valeur limite d’exposition professionnelle de 20 mSv. Un cas de dépassement de la limite de dose équivalente à la peau (500 mSv) et un second au cristallin (50 mSv) ont également été enregistrés.

Dans le cadre du suivi de l’exposition interne, sur les 232 140 analyses réalisées en routine en 2021, trois travailleurs ont présenté une dose efficace engagée supérieure ou égale à 1 mSv. Comme l’année précédente, ce bilan est complété par des focus thématiques abordant de manière plus détaillée certains aspects de la surveillance de l’exposition, par exemple en médecine vétérinaire ou dans les installations de fabrication du combustible nucléaire.
Lire le bilan 2021 des expositions professionnelles aux rayonnements ionisants en France

Photo illustration exposition travailleurs rayonnements ionisants

RADIOPROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT

UN NOUVEAU GUIDE SUR L’ÉVALUATION DU RISQUE RADIOLOGIQUE LIÉ AUX INSTALLATIONS NUCLÉAIRES

L’IRSN et l’ASN ont publié en janvier 2022 un guide sur l’évaluation du risque radiologique pour la faune et la flore sauvages à proximité des installations nucléaires. Intitulé « Guide méthodologique pour l’évaluation du risque radiologique pour la faune et la flore sauvages : Concepts, éléments de base et mise en œuvre au sein de l’étude d’impact », ce guide a été élaboré par un groupe pluraliste et pluridisciplinaire, à l’image des potentiels utilisateurs d’une telle méthode.

Ce guide propose une méthodologie pour évaluer le niveau de protection de la faune et de la flore sauvages vis-à-vis de leur exposition aux rayonnements ionisants et plus particulièrement l’évaluation associée aux rejets d’une installation en fonctionnement normal. Il présente les outils qui peuvent être utilisés pour la réalisation des études d’impact sur l’environnement des installations et des activités nucléaires. Ce guide est disponible sur www.irsn.fr/guide-risque-radiologique-faune-flore.

Brèves

REJETS ATMOSPHÉRIQUES DES CYCLOTRONS

Afin d’expertiser les études d’impact radiologique des rejets des cyclotrons sur les populations, l’IRSN a défini une méthodologie permettant de déterminer les attendus de telles études. Élaboré sur la base du retour d’expérience des dossiers récemment traités à l’Institut, le document reprend les principales étapes d’une étude d’impact radiologique et détaille les points clés sur lesquels repose en grande partie la qualité de l’évaluation. Ce document est mis à la disposition des exploitants afin de les accompagner vers une évaluation plus réaliste de l’impact aux populations situées dans l’environnement immédiat d’une installation rejetant des radionucléides. Des travaux complémentaires ont été effectués pour définir, à la demande de l’ASN, les exigences techniques que l’exploitant devra mettre en œuvre pour évaluer ses rejets.

RADON

Dans le cadre du Plan national d’action pour la gestion du risque lié au radon (2020-2024), l’IRSN a publié un rapport qui identifie, à partir des différentes campagnes de mesures du radon dans les bâtiments et de la carte du potentiel radon géogénique[2], des secteurs géographiques où les données sont jugées insuffisantes. Ce travail servira de guide pour orienter les prochaines campagnes de mesure du radon dans l’habitat.

[2] Potentiel radon géogénique : potentiel des roches à produire et faciliter le transfert du radon vers l’atmosphère.

RESTITUTION DES RÉSULTATS DE LA PREMIÈRE ÉTUDE RADIOLOGIQUE DE SITE (ERS)

L’Institut a tenu une réunion publique, devant plus de 150 participants, le 9 mars 2022 à Saint-Maurice-l’Exil (Isère) pour présenter les résultats de l’étude radiologique de l’environnement de la centrale nucléaire de Saint-Alban Saint-Maurice-l’Exil. Cet événement a permis d’échanger avec les acteurs locaux sur les enseignements de cette étude innovante engagée par l’IRSN en 2019, en complément de la surveillance de l’environnement de la centrale.

Cette ERS avait pour objectifs principaux d’améliorer les connaissances scientifiques sur l’influence des rejets radioactifs autorisés dans le cadre du fonctionnement normal de la centrale sur son environnement, d’estimer de manière plus réaliste l’exposition des populations avoisinantes en prenant en compte les spécificités locales, et d’impliquer les acteurs locaux afin de recueillir leurs interrogations et faire en sorte d’y répondre clairement. Dans cet objectif, l’Institut a mis en œuvre des moyens de prélèvement et de métrologie permettant de détecter de la radioactivité à l’état de trace et de mesurer la contribution relative de l’installation nucléaire par rapport au bruit de fond radiologique de la zone géographique concernée.

Durant les trois années (2019-2021) de cette étude, plus de 960 prélèvements dans les différents milieux de l’environnement (terrestre, aquatique, atmosphérique) et plus de 1200 analyses ont été réalisés. Près de 270 personnes ont été interrogées pour recueillir des informations sur leurs habitudes alimentaires (composition des repas, taux de consommation des productions locales…) et leurs utilisations de l’espace et du temps (temps passé dans la zone d’intérêt, à l’intérieur comme à l’extérieur des bâtiments…).

Parmi les premiers enseignements qui se dégagent de ce travail, il apparaît que l’ensemble des résultats obtenus est cohérent avec les activités radiologiques attendues dans l’environnement d’une centrale nucléaire et avec les mesures réalisées en routine dans le cadre de la surveillance radiologique des centres nucléaires de production électrique. Un autre point fort à souligner est son intérêt scientifique puisqu’elle a permis de valider, par la mesure, les évaluations fondées sur des modèles de calcul malgré les très faibles niveaux de marquage radioactif par nature difficiles à détecter. Enfin, on retiendra la forte mobilisation des acteurs locaux – commissions locales d’information, élus, associations, riverains, exploitants agricoles, gestionnaires de réseau, etc. – qui a été un facteur clé de la réussite de l’opération. Ainsi, la co-construction de l’étude avec ces acteurs, experts de leur territoire, relais d’information et/ou facilitateurs du travail de prélèvement, améliore significativement la connaissance du terrain que l’Institut doit acquérir et, par extension, la qualité générale des travaux réalisés. Au bilan, l’ERS Saint-Alban a constitué un objet de dialogue avec la population qui a permis à l’IRSN de s’affirmer localement comme un acteur capable de co-produire, avec les acteurs locaux, des connaissances scientifiques relatives à l’influence radiologique de la centrale et à l’exposition des riverains qui en résulte.

En complément de la réunion publique, la restitution de l’étude a fait l’objet de rapports et un outil Web, inspiré des travaux menés avec l’IRSN Lab, a été spécialement développé à cette occasion. Ils peuvent être consultés sur le site Internet de l’Institut : www.irsn.fr/ers-st-alban.

Cette démarche de recherche participative a été récompensée par les Trophées de la participation et de la concertation 2022. Cette manifestation, organisée par l’association « Décider Ensemble », distingue chaque année les démarches de concertation et participation citoyennes innovantes.

Illustration etude radiologique de site

MIEUX CONNAÎTRE LES RADIONUCLÉIDES ARTIFICIELS DANS L’ENVIRONNEMENT

L’IRSN a publié une synthèse des connaissances relatives aux niveaux de base, dits « bruit de fond », des radionucléides artificiels en France métropolitaine. Ce travail a été réalisé à partir des nombreuses mesures réalisées au fil du temps, entre autres lors des constats radiologiques régionaux effectués par l’Institut de 2008 à 2018. Il permet d’estimer les expositions des populations qui résultent de la présence dans l’environnement de ces radionucléides qui proviennent principalement des retombées des essais atmosphériques d’armes nucléaires réalisés par les États-Unis, l’Union soviétique, la Grande-Bretagne, la Chine et la France de 1945 à 1980, et des retombées de l’accident de Tchernobyl en 1986. Par ailleurs, cette connaissance permet de disposer d’un état de référence à partir duquel il est possible d’estimer les activités radiologiques ajoutées par les rejets autorisés des installations nucléaires dans le cadre de leur fonctionnement normal ainsi que celles qui pourraient résulter d’un accident, d’un rejet intempestif ou de toute autre cause d’augmentation de ce bruit de fond.

Le rapport montre que le bruit de fond diminue depuis la fin des retombées atmosphériques. Par ailleurs, si les hétérogénéités spatiales des retombées initiales tendent à s’estomper au fil du temps, les mesures mettent en évidence qu’il existe encore des zones limitées du territoire où les concentrations de radionucléides dans les sols et dans certains types de denrées alimentaires peuvent être encore notablement plus élevées qu’ailleurs, sans présenter toutefois d’enjeu majeur sur le plan sanitaire. Ce rapport est disponible sur www.irsn.fr/rapport-bdf-radionucleides-artificiels.

Brève

SURVEILLANCE DE L’ENVIRONNEMENT

Illustration surveillance environnement

À l’occasion du bilan de ses actions réalisées en matière de surveillance radiologique de l’environnement depuis 2009, l’IRSN a présenté une actualisation de sa stratégie de surveillance qui réaffirme l’intérêt de certains des objectifs précédents (maintenir en condition les réseaux de surveillance, agir avec réactivité et flexibilité, maintenir son statut de référent métrologique, contribuer aux politiques publiques) et les complète par des nouveaux objectifs : réaliser des études radiologiques de sites, adapter sa surveillance en cas de situations singulières (incident ou accident nucléaire) et renforcer l’exploitation des données. Ce travail a fait l’objet d’une présentation au Haut Comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire lors de sa réunion plénière le 18 octobre 2022. Par ailleurs, le comité ODISCÉ a remis au directeur général de l’IRSN son premier avis portant sur l’implication de la société dans cette surveillance radiologique le 28 novembre 2022 (cf. Un Institut responsable et citoyen).

UNE MEILLEURE EXPLOITATION DES DONNÉES DE SURVEILLANCE DE L’ENVIRONNEMENT

L’Institut a publié les résultats de la surveillance radiologique régulière du territoire, établis sur la base du recueil et de l’analyse de ses propres données. L’Institut a également engagé une modernisation de la restitution de son plan annuel de surveillance de l’environnement dans le double objectif d’une plus grande interactivité pour l’utilisateur et de faciliter la compréhension des données recueillies.

La mise en œuvre de ce plan de surveillance répond aux missions confiées à l’Institut par les pouvoirs publics. Il vise à suivre l’évolution des niveaux de radioactivité dans l’environnement, à proximité des installations nucléaires mais aussi plus généralement sur l’ensemble du territoire national. Cette surveillance permet également d’analyser l’impact d’éventuels événements, en France ou à l’étranger. Il ressort des résultats obtenus que les niveaux d’activité mesurés à proximité des sites surveillés restent relativement constants ou en diminution. À l’échelle du territoire métropolitain, les activités mesurées sont en cohérence avec l’évolution des niveaux environnementaux observée depuis plusieurs années.

Tous les résultats de la surveillance sont accessibles sur le site du Réseau National de Mesures de la radioactivité de l’environnement (www.mesure-radioactivite.fr).

En 2022, les équipes de l’Institut ont également amélioré leurs outils d’exploitation, notamment statistique, et de représentation des données recueillies dans le cadre de la surveillance régulière de l’IRSN.

citation

citation
Maxime Morin,
chef du service d’analyse et de métrologie de l’environnement

L’actualisation de la stratégie de surveillance radiologique de l’environnement de l’IRSN a impliqué de multiples compétences en matière de surveillance de l’environnement, d’analyse et de métrologie… Ce travail transversal a aussi impliqué des data scientists et des informaticiens. Bien que l’outil soit encore en phase de test, les premiers retours d’expérience ont souligné la simplicité d’accès et l’adéquation aux besoins des utilisateurs.